1. Waterville TG fait équipe pour réduire les déchets

COWANSVILLE, Québec – Delta Gomma inc. et Waterville TG inc. travaillent de pairs pour recycler les déchets EPDM (caoutchouc éthylène-propylène) provenant des pièces automobiles et industrielles.

Il s’agit d’un partenariat forgé au sein de la Vallée des Élastomères, un regroupement d’entreprises québécoises qui collaborent sur des projets de développement. Les deux entreprises continuent d’aspirer à des améliorations qui leur seront toutes deux bénéfiques.

Delta Gomma et Waterville ont commencé à travailler ensemble en 2000, lorsque Daniel Martin, maintenant président de Delta Gomma, travaillait avec Waterville TG afin de trouver de nouvelles méthodes pour utiliser du caoutchouc granulaire lors de la fabrication de nouveaux produits. Martin a collaboré avec les laboratoires de Waterville TG, dans le but de recycler l’EPDM de produits comme leurs joints d’étanchéité pour automobiles, qui requiert un processus différent que le recyclage du SBR (caoutchouc butadiène-styrène) utilisé dans la majorité des pneus.

Au départ, il a travaillé avec des entreprises de recyclage de pneus afin de décomposer le caoutchouc, mais les méthodes utilisées pour ce type de recyclage ne fonctionnaient pas adéquatement pour les joints d’étanchéité, d’une forme qui, selon lui, était longue et plus élancée.

« Le matériau prenait la forme d’une grosse boule de spaghettis. Lorsqu’on tirait un morceau, l’ensemble au complet se décomposait », a expliqué Martin. « Et ils (les recycleurs de pneus) avaient des problèmes avec ce matériau parce que les transporteurs de cette époque étaient majoritairement des crochets. On plaçait un pneu sur un crochet et il se dirigeait vers le déchiqueteur. Mais ces joints glissaient et restaient bloqués dans les transporteurs et les déchiqueteurs. C’était la pire méthode pour les recycler ».

Matin a collaboré avec l’équipe pour trouver une meilleure méthode, en développant un processus utilisant différents éléments de machines employées dans diverses applications commerciales, a-t-il souligné. En 2006, ils avaient mis au point leurs propres méthodes et recyclaient un plus gros volume d’EPDM provenant de Waterville TG. Ils couvrent actuellement environ 30% de tous les déchets de caoutchouc de Waterville TG, et tous les plastiques de ses usines du Québec.

Le caoutchouc traité est manipulé à l’aide d’une pince, le rendant beaucoup plus facile à déplacer qu’avec un crochet, et passé à travers un déchiqueteur principal et secondaire, pour être ensuite coupé dans un broyeur. Tout acier est retiré à l’aide d’une ceinture magnétique, et l’EPDM est pulvérisé en mailles de 8, 20 et 80 mm. Les mailles de caoutchouc de 8 mm peuvent être utilisées pour des applications telles que les matelas de terrains de jeux, les bardeaux de toiture ou les produits moulés en uréthane. Les mailles de caoutchouc de 20 à 80 mm peuvent servir comme matière de remplissage dans un mélange maitre EPDM et dans des mélanges d’élastomères thermoplastiques.  Elles peuvent aussi être utilisées comme agent antichoc pour les produits en plastique.

 

Marchés en expansion

Delta Gomma extrude les matériaux à l’interne, et conçoit également des rouleaux pour les découpeurs. L’entreprise fabrique aussi des granulés de plastique composés qu’elle vend à l’industrie de moulage par injection de niveau 1 ou de niveau 2.  Elle recycle annuellement environ 4,41 millions de livres de matériau à son installation de 50 0000 pieds carrés à Cowansville.

Mais Martin explique que les marges sont extrêmement serrées, puisque les prix demeurent bas et que le processus actuel n’offre pas beaucoup de possibilités de gain d’efficacité.

« Le prix du recyclage reste toujours le même. Nous ne pouvons le réduire », a expliqué Martin. « Peut-être d’un sou ou deux, mais pour le reste, il s’agit d’une machine et d’un homme qui prend les déchets et qui les place dans la machine ».

Pour continuer de concurrencer, Delta Gomma a décidé de fabriquer plus de matériaux à l’interne, ce qui ouvre davantage de portes pour les produits automobiles et industriels. Le matériel EPDM recyclé n’a pas la même odeur que le matériau recyclé des pneus, et l’entreprise travaille à mélanger les couleurs avec le matériau noir afin de l’utiliser pour plus d’applications commerciales et de construction, comme la toiture blanche.

« En ce moment, nous vendons de gros rouleaux de caoutchouc », dit-il. « Notre prochaine étape est de transformer davantage à l’interne et de vendre les produits finaux. Nous visons les secteurs industriels et de l’automobile, surtout pour les matériaux de composition, un marché attrayant.  Le besoin de main-d’œuvre n’est pas trop grand et il y a une réduction des couts considérable. Le produit final est très bon, souvent au-delà des attentes du client ».

Bien que le changement fasse l’objet d’une attention accrue cet automne, Delta Gomma fabrique déjà des pièces moulées pour Ford, des pièces sous le capot pour les modèles F250 et F350 actuels, a mentionné Martin.

Objectifs d’enfouissement zéro

Selon Serge Lamontagne, directeur général adjoint de la maintenance, de l’ingénierie, de l’environnement, de la santé et de la sécurité, faire équipe avec Delta Gomma fait partie des efforts de Waterville TG pour réduire les déchets. En plus du caoutchouc et des pièces de plastique qu’elle envoie à Delta Gomma, l’entreprise produit également d’autres déchets tels que le papier et le carton.

« L’objectif à long terme est d’atteindre l’enfouissement zéro », a expliqué Lamontage. « Aujourd’hui, nous recyclons de nombreux produits, mais la plus grande étape pour atteindre nos objectifs est de s’attaquer à notre plus importante source d’enfouissement, qui est l’extrusion de caoutchouc traité ».

Dans l’atelier, les déchets de caoutchouc sont séparés en matériaux recyclables et irrécupérables, qui sont toujours envoyés à la décharge. Mais les déchets restants sont envoyés à Delta Gomma.

« Atteindrons-nous 100%, ou l’enfouissement zéro? Peut-être pas, mais il s’agit de notre but ultime », a déclaré Lamontagne. Il poursuit : « Mon objectif à moyen terme serait d’éviter jusqu’à 80% d’enfouissement, et je suis assez confiant à l’heure actuelle, avec tous les projets que nous avons entrepris, que nous pourrons y arriver l’année prochaine ».

Bien que le partenariat fasse partie d’une campagne soucieuse de l’environnement, il engendre aussi des économies. En travaillant avec Delta Gomma, l’entreprise économise entre 30 000$ et 50 000$ chaque année.

« Nous économisons énormément d’argent en réduisant l’enfouissement », a mentionné Lamontagne. « Il y a toujours une augmentation du cout de l’enfouissement, afin d’inciter les gens à s’occuper de leurs propres déchets. Nous devons prendre une longueur d’avance. Je ne peux pas dire que le recyclage du caoutchouc n’engendre aucun cout, mais il coute moins cher que l’enfouissement, donc tout le monde y gagne ».

Sur la photo: À gauche M. Serge Lamontagne de Waterville TG, ADG Mtce, Usine, Envir. & SST Usines Qc et à droite M. Daniel Martin de DeltaGomma, Président.