Le caoutchouc sur les bancs d’école

Par Pierre Olivier Girard, Le Reflet du Lac, 29 janvier 2015

Une nouvelle formation à Magog

Pour combler un manque de main-d’œuvre et mieux former les nouveaux travailleurs, des industries œuvrant dans le domaine du caoutchouc ont uni leurs efforts pour offrir une nouvelle formation au Centre intégré de formation industrielle (CIFI).

Ayant nécessité un investissement de 92 400 $, cette formation en conduite et réglage de machines à mouler s’offrira à compter du 13 février prochain à Magog. Au total, 22 étudiants par cohorte recevront 1350 heures de cours en alternance travail-études. Trois stages rémunérés, totalisant 270 heures, sont aussi prévus.

Jusqu’à ce jour, aucune formation dédiée à cette spécialisation n’était offerte sur les bancs d’école de la région, si bien que les employeurs devaient eux-mêmes qualifier les nouveaux venus. Une situation qui était loin d’être idéale, selon le coprésident patronal du comité sectoriel caoutchouc, André Archambault.

«Pour combler nos 60 à 80 postes annuellement, on doit recruter dans des centres d’emploi, selon la disponibilité, avec des gens qui n’ont aucune connaissance du métier. Il faut partir à zéro. Avec une école où les élèves apprennent les techniques de coulage, les ingrédients et les procédés du caoutchouc, on est capable d’avoir des étudiants qui sont opérationnels dans un délai beaucoup plus court», explique M. Archambault, qui est également directeur-général de Soucy Techno.

Avec leur diplôme d’études professionnelles, les finissants pourront travailler en tant que conducteur régleur de machines à transformer leur caoutchouc dans différentes entreprises de la région, dont Sherbrooke, Waterville, Coaticook, Acton Vale et Granby. En moyenne, le salaire horaire s’élève à environ 20 $ de l’heure.

L’argent investi, dont 87 500 $ proviennent d’Emploi-Québec et 4900 $ du ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, servira à acquérir de l’équipement spécialisé, acheter du matériel scolaire et soutenir le revenu des participants.

De son côté, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, soutient que ce projet s’inscrit dans la volonté du gouvernement à adopter l’offre de formation aux réalités du marché de chaque région et non pas aux réalités des établissements scolaires. «Nous avons l’intention d’agir en faveur d’une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi. Retenez cette phase, car vous l’entendrez de plus en plus», assure-t-il.

Son collègue Pierre Reid, député du comté d’Orford, soutient que plus de 29 000 postes seront à pourvoir en Estrie d’ici 2017. Une statistique qui prouve, selon lui, que le développement des compétences de la main d’œuvre est devenu une priorité pour la région.

Inauguré en juin 2016 après des travaux de 6,5 M $, le CIFI forme notamment les futurs opérateurs et conducteurs-régleurs pour les entreprises de plastique, de caoutchouc et de matériaux composites.